Pourquoi les Hommes pleurent devant un film à l’eau de rose

du coeur à la spiritualitéAu cours de mon voyage spirituel, j’ai cherché Dieu partout : au club de yoga, au cours de séminaires holistiques, sur le tapis de shiatsu. En tant que “voyageur de la tête” bien expérimenté, je chassais Dieu dans mes pensées, étant sûr d’une certaine façon, que Dieu apparaîtrait sous la forme d’un concept.

Pendant mes  périodes matérialistes, j’imaginais Dieu dans une belle voiture, une grande maison, un costume d’Hugo Boss, bien que Dieu lui-même portait du Gucci. Et pendant un certain temps, j’ai cherché Dieu dans les voies aériennes de l’autoévitement, en faisant l’erreur de prendre les avantages à court terme d’un voyage de félicité non-ancré pour de l’illumination. J’ai pris cette route pendant quelques temps, apparaissant comme joyeux à l’extérieur, tandis qu’un chaudron de sentiments non-résolus et de mémoires bouillonnait au plus profond de moi.

J’ai regardé partout sauf dans mon coeur. J’étais conditionné comme un guerrier mâle dans son armure. Il ne m’est jamais venu à l’esprit que Dieu pouvait se manifester dans les sentiments venant du coeur. J’ai grandi dans une famille où la violence régnait et j’ai adapté ma conscience au champ de bataille présent devant moi. Au travers de mon regard bien protégé, prendre le chemin de l’ouverture du coeur était dangereux, car il  me menaçait de me distraire de ma vigilance nécessaire.

Lorsque j’ouvrai trop mon coeur, je devenais vulnérable aux attaques des factions armées. Lorsque mes premières relations amoureuses menaçaient d’ouvrir mon coeur, je fuyais. Plus nous étions sur le point de faire le pont entre le coeur et les organes génitaux, plus vite je courrais pour prendre la fuite. N’ayant aucun modèle de survie dans le feu du coeur, je préférais la sécurité de la solitude plutôt que de courir le risque d’être vulnérable dans une relation.

En accord avec mon conditionnement, j’ai fait des études pour devenir un avocat en pénale. Peu de temps après avoir été nommé au barreau, j’ai retardé l’ouverture de mon cabinet d’avocat. Quelque chose au fond de moi avait prévu un autre emploi du temps. Au cours de ce processus, je me rendais au tribunal pour écouter les procès et réfléchir à la direction de ma vie.

C’est dans les tribunaux, que les premières fissures sont apparues dans ma cuirasse. Des images de souffrances anciennes ont commencé à submerger mes visites au tribunal : le visage mécontent de ma mère, les actes de violence de mon père, mes moments cachés sous le lit pendant que la guerre faisait rage.

Lorsque j’étais assis au fond de la salle d’audience, concentré, les larmes coulaient à flot et noyaient dans les sentiments ma personnalité d’homme fort. Mon monde intérieur devenait soudainement une enfilade de digues de castor, chacune contenant une retenue de mémoires douloureuses. A chaque fois que je dépassais une digue, un autre vague de sentiments surgissait. Le coeur, il parlait.

Par la suite, je retournais à mes habitudes émotionnelles, l’être “blindé” que je connaissais si bien. Mais quelque chose avait changé. Il y avait une fissure dans mon armure au niveau du coeur. Curieusement, l’armure s’est fissurée au magasin de location de vidéos, où je me rendais régulièrement pour louer des histoires d’amour – les films  “Un amour à New York”, “Out of Africa”, “L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux” – dans un effort de faire craquer un peu plus mon coeur. Je m’allongeais sur le divan et je regardais toujours la même histoire à l’eau de rose comme un mantra, pleurant toujours un peu plus intensément à chaque moment passé devant un de ces films d’amour. Je n’osais le dire à personne, mais j’adorais cela.

Souvent ces films sentimentaux m’ont conduit vers des lieux, situés bien au-delà de ce que je pouvais imaginer. Comme une grenade sous-marine, ils cisaillaient les parois de mes poches émotionnelles, dénouant les ficelles du coeur. Plus je donnais des coups de ciseaux, plus l’expérience était profonde et intense sur le moment.

Lorsque je pleurais, des petites portes s’ouvraient toute grande, m’invitant à descendre plus dans l’unité de la conscience. Tandis que le sentimentalisme ouvrait les portes du coeur, le divin s’y engageait et se révélait à chaque fois un peu plus à chaque palier de la descente. Ces épanchements sentimentaux n’étaient pas juste une libération, ils constituaient la porte ouverte à la divinité.

En vidant le vaisseau, j’ai créé, sans le savoir, de la place pour que Dieu puisse entrer. A ces moments là, je ne faisais aucune différence entre le corps émotionnel et le corps spirituel. Tout était Dieu.

Au fur et à mesure que j’avançais sur le chemin spirituel, les films qui racontent des histoires d’amour devenaient ma pratique spirituelle. Ils étaient l’élixir pour lever mes blocages; je replongeais sur le canapé à chaque fois que j’avais besoin de ré-ouvrir la porte.

Fin de la première partie…… à suivre

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Message d’Emmanuelle

Je vous conseille vivement de vous inscrire gratuitement sur le blog pour recevoir l’interview de Jeff Brown qui vous permettra de mieux comprendre son parcours.
Et si vous avez aimé l’article, vous pouvez lire la seconde partie.

 Si vous souhaitez dores et déjà vous informer de la façon de travailler sur les émotions, cliquez ici.


Commentaire

Pourquoi les Hommes pleurent devant un film à l’eau de rose — 8 commentaires

  1. Voilà un beau témoignage sur l’importance des émotions, de libérer sa vulnérabilité dans la relation à soi, aux autres,à Dieu, à l’Univers, pour vivre mieux.
    Deux citations à méditer pour laisser tomber les armures, s’ouvrir et participer au grand Tout :
    « Dureté et rigidité sont compagnons de la mort. Fragilité et souplesse sont compagnons de la vie » Lao Tseu
    « L’être humain est une partie du tout que nous appelons Univers » Albert Einstein

  2. Bonjour Emma !

    Ah ! il y en a un actuellement dont j’aimerais qu’il se mette à pleurer devant des films d’amour mais je crois qu’il ne regarde que des films de violences !
    Moi ce ne sont pas les films (quoique cela m’est arrivé) mais une ENORME HISTOIRE D’AMOUR qui m’a travaillée, travaillée, travaillée d’une façon incroyable, pour dissoudre ma carapace, ouvrir mon coeur, jusqu’à une dissolution totale hors espace/temps. Une histoire d’amour passionnelle m’a fait connaître le divin et maintenant je tente de remettre le divin dans une histoire d’amour.
    Je raconte mes expériences multiples et réelles dans les commentaires des blogs et ceux qui me lisent vont croire que j’ai 300 ans tellement j’ai vécu de choses différentes. Mais c’est à peu près cela. Je crois que je vis des vies parallèles en même temps.
    La vie dans laquelle j’ai ma conscience rationnelle en ce moment est une vie où j’ai décidé d’en mettre un grand coup pour mon évolution…sans doute.

    Elisandre

  3. Emmanuelle,

    Quel magnifique texte, remarquablement écrit, avec une sensibilité à fleur de peau.

    Profondément authentique quand cet homme qui pleure évoque la violence du père et la tristesse de la mère.

    Un homme que l’on aimerait rencontrer pour faire sa vie avec lui ou être son amie.

    Récit qui devrait être enseigné dans les écoles, les petits garçons sauraient qu’ils ont le droit de pleurer et cela aiderait les rapports hommes/femmes plus tard.

    Sa recherche de Dieu est aussi très touchante et encore une fois il parle avec le coeur.

    Merci et rv à la suite de l’article

    • Je réponds à ces dames Sylviane, Michelle et Elisandre,

      Merci pour vos témoignages qui me rassurent sur la pertinence des textes choisis pour le blog et la qualité de la traduction qui ne semble pas trahir l’émotionnel de l’auteur, Jeff Brown ainsi que ses grandes qualités de coeur.

      La seconde partie de l’histoire est désormais en ligne http://bit.ly/o1BrL4. En vous souhaitant du plaisir à la lecture …..

      Emmanuelle

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