Quand spiritualité et conscience riment avec confusion, selon Jeff Brown

 Sympathiser avec nos confusions

                                                          

Avancer sur le chemin exige souvent que nous acceptions de perdre, de nous détacher consciemment de qui nous pensons être, de trébucher volontairement dans la nuit sans avoir aucun repère pour nous guider. Grandir se résume à faire des sauts dans l’inconnu apparent. 

Il y a une compétence dont je n’aurais pas pu me passer sur mon chemin spirituel, c’est ma capacité à sympathiser avec mes confusions. Tandis que mes vielles façons d’être se mourraient, immanquablement de nouvelles façons d’être naissaient. Avant que la transition ne soit complète, il y avait des périodes, qui duraient souvent longtemps, pendant lesquelles toutes les parties de moi faisaient pression au même moment. Dans le processus d’Amecréation (« Soulshaping ») je fais référence à ces phases intermédiaires comme étant des « urgences spirituelles » : l’état de confusion et le tumulte intérieur que connaît une personne lorsqu’un chemin spirituel, une prise de conscience, forcent le passage au niveau de la conscience, avant de pouvoir émerger et être intégrés complètement. Le pont qui va d’un côté à l’autre est confusion ; vous devez apprendre à maintenir cet espace entre toutes vos parties et traiter en ami vos confusions, jusqu’à ce que la clarté émerge sous sa propre forme.

Malheureusement, sympathiser avec nos confusions est difficile à réaliser dans notre monde linéaire. Ceux qui prennent le chemin de l’incertitude sont souvent qualifiés de « légers », d’instables, et ironiquement d’âmes perdues. La société ne nous enseigne à aucun moment à faire la distinction entre être désœuvré et la confusion enrichissante, entre la folie et les maux de vérité, les crises nerveuses et les percées nerveuses, les crises classiques et les urgences spirituelles. Il est triste que la confusion soit stigmatisée comme la marque du « perdant » sans considérer le fait que nous ne pouvons pas réussir à tout connaître sans s’être tout d’abord abandonné à l’inconnu.

Notre état de confusion apparaît souvent dans le domaine de la carrière professionnelle et des relations : pourquoi est-ce que je hais mon job ? Quelle est ma vocation ? Comment est-ce que je me sens dans cette relation ? Nous laissons échapper un mal de vérité, une sensation de dissonance interne à propos de notre chemin, un cri du cœur pour aller dans une autre direction.

Il est fâcheux que lorsque nous commençons à remettre en question nos choix, des voix de résistance flottent souvent à la surface, les voix de l’habitude et de la peur, des jugements internes, des tranchées de défense. Bien qu’il y ait du progrès à tous les niveaux, la plupart d’entre nous continuent de faire des choix dictés par le survivalisme quand au chemin à emprunter, gardant un œil sur ce qui est le plus pratique, le plus sûr et le plus satisfaisant au plan matériel.

Lorsque nous faisons un pas pour sortir de ce cadre, lorsque nous faisons un pas en avant vers une réussite plus respectueuse de l’âme, nous ouvrons la porte de la confusion, au moins au départ. Les voix du monde se mettent à résonner en nous dans le but de balayer les murmures d’une vérité plus profonde. Le désir de quitter notre job insatisfaisant et de trouver notre vocation est souvent illustré d’images névrosées de pauvreté. L’envie de trouver l’âme sœur est submergée par des images de solitude éternelle. Nous sommes alors confrontés à ce choix : retourner s’amarrer dans des eaux tranquilles ou bien naviguer dans la tempête intérieure. Je joue la sécurité ou bien je me jette à l’eau.

Si nous ne voulons pas avancer, nous risquons toutes sortes de difficultés. Ce qui nous retient en fait, c’est notre résistance à faire émerger dans la conscience nos maux de vérité. Bien que cela soit parfois douloureux, bien qu’il nous faille renverser nos schémas habituels, le mal de vérité contient les graines de notre transformation. Lorsque nous le réprimons,  les graines entrent en décomposition, et la seule chose qui puisse nous sauver est notre canal de vérité. Parfois nous attendons trop longtemps et nous perdons complètement notre vérité dans son ensemble.

Voir au travers de ce processus n’est pas un exploit facile. Vous aurez besoin de soutien. Vous aurez besoin de faire un travail soutenu pour identifier les voix qui tentent de faire obstacle à votre transition. Elles vont surgir sous diverses formes difficiles et crédibles, souvent sous la forme déguisée d’amis. Vous aurez à développer, avec patience, votre capacité à vous asseoir dans « l’inconnu » sans que personne ne vous ait jamais enseigné comment le faire. Il se peut que vous deviez rester dans un état qui ressemble de temps à autre à de la folie, tant que différents aspects de votre monde intérieur entrent en conflit.

Vous verrez avec des yeux différents et ressentirez la paix dans la peau de votre âme. Vous n’aurez pas à demander à l’Univers ce dont vous avez besoin, car la porte de l’humanifestation s’ouvrira toute grande, vous gratifiant à la hauteur de votre courage. Vous connaîtrez une réalité incroyablement riche.


Commentaire

Quand spiritualité et conscience riment avec confusion, selon Jeff Brown — 8 commentaires

    • Oui Nicole, c’est ce qui m’a plu chez cet auteur. Il arrive à mettre des mots sur certains de nos états intérieurs que nous connaissons tous à partir du moment où nous voulons évoluer.

      A bientôt

      Emmanuelle

    • Oui Patricia, et les étapes de transformation peuvent être longues, lentes et pas très agréables sur le moment. A priori nous sommes tous capables de les passer si nous utilisons les bons outils et que nous savons ce que nous avons à faire dans la vie.

      Comme le dit le titre de ton blog : attention bonheur possible ….. après transformation.

      A bientôt

      Emmanuelle

  1. Bonjour Madame Quantique,

    Toujours étonnée et enchantée par les paroles pleines de bon sens et de pertinence mais qui me touchent tant de notre ami Jeff.

    C’est vrai que ces moments qu’il appelle de confusion ne sont pas toujours faciles à vivre (d’ailleurs jamais en réalité) mais quand on se rend compte que sans ces moments de confusion nous ne ferions que survivre (ce qui est malheureusement le cas de beaucoup de personnes) alors oui, ces moments de confusion sont bénéfiques une fois la tornade passée bien sûr mais tout le monde n’est pas prêt à affronter le vent du grand large.

    Si nous nous posons déjà des questions, c’est non signe la confusion arrive et le changement viendra après et merci pour cet article dont les paroles inspirantes me vont droit au coeur. J’attends le prochain article avec impatience
    sylviane Articles récents..Secrets de famille : cette famille qui vit en nousMy Profile

    • Bonjour Sylviane,

      Merci d’avoir pris le temps de lire le texte de Jeff et d’apprécier ses écrits.

      Il est certain que personne n’aime être dans la tornade (je reconnais bien là ton énergie, avec les mots que tu utilises) et la confusion est assez désagréable à vivre.

      C’est la sagesse des personnes qui ont avancé sur le chemin qui nous permet d’écrire ses paroles.

      Bonne journée à toi, dans les eaux calmes.

      Emmanuelle

  2. Bonjour Emmanuelle,

    Je rejoins les autres commentaires des fidèles, l’état de confusion n’est pas forcément facile à vivre. Cela dit, le but ultime est de se sentir bien.

    Et je considère comme baromètre mon ressenti. Si je me sens mal, c’est que mes pensées ne sont pas bonnes.
    Dans le cas contraire, ce que je pense est en phase avec moi-même.

    Merci pour ce nouvel extrait très inspirant de Jeff.
    Jean-Charles Articles récents..Jack Ma ou le Bill Gates chinoisMy Profile

    • Un petit bonjour Jean-Charles.

      Il n’y a pas seulement la confusion, il y aussi les blocages. Quand tout bloque …… alors passons à autre chose.

      merci de ta visite et à bientôt pour la suite.

      Emmanuelle

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